Une porte sur le ciel (Bab al-samah Maftouh)

Une porte sur le ciel (Bab al-samah Maftouh)
  • 7 juin 202610h15à 12h40

Alors que son père est mourant, Nadia revient à Fès après plusieurs années passées en France, loin de son pays. À la suite d’une rencontre marquante, elle décide de redonner à sa culture et sa religion d’origine une place centrale dans sa vie. Cette quête spirituelle personnelle l’incite à transformer la demeure familiale en une « zaouia des femmes », à la fois sanctuaire religieux, lieu de pèlerinage et refuge pour femmes en détresse. Trop méconnue en France, Farida Benlyazid est une cinéaste très importante au Maroc qui a notamment signé les scénarios de Poupées de roseaux de Jillali Ferhati (1980) et de À la recherche du mari de ma femme de Abderahman Tazi (1992). Une porte sur le ciel est son premier long métrage.

« Une porte sur le ciel nous parle d’une sororité contemporaine et enracinée, qui ne s’oppose pas à l’Islam mais défend et illustre au contraire l’enrichissement spirituel et la libération intérieure et féministe permises par les pratiques méditatives soufies. Ce faisant, Farida Benlyazid accomplit partiellement l’une des grandes ambitions des pionniers de l’indépendance (1956) : chercher les formes d’un cinéma marocain, fidèle aux “sentiments les plus profonds de la vie du peuple”, comme le formule Ahmed Bouanani, le directeur artistique incarnant le patriarche en chapeau melon. Ce cinéaste et poète est l’un des penseurs de cette recherche d’un cinéma décolonisé, qui ancre ses intrigues et ses formes dans les contes et cultes populaires. En l’occurrence ici, dans une spiritualité marocaine vécue, qui donne sa lenteur et son épure au film. » (Marie Pierre-Bouthier)

Farida Benlyazid

Maroc / 1988 / Drame / 107’ / VOSTF

précédé de

6 et 12 (Sitta wa Thaniat ‘Ashar)

L’ambition de 6 et 12 est de porter un nouveau regard sur le pays en « “racontant” par l’image et par le son le Casablanca de 1968 » : porté par un geste autant poétique que politique, les trois cinéastes souhaitent ouvrir la voie à un nouveau cinéma documentaire marocain. Leur film revisite le genre de la « symphonie urbaine » : il s’inspire de Moscou (Mikhaïl Kaufman, 1926) de L’homme à la caméra (Dziga Vertov, 1927) ou encore de Berlin, symphonie d’une grande ville (Walter Ruttmann, 1927).
L’équipe qui a réalisé ce court-métrage le présente ainsi : « Nous avons choisi des images à travers une ville – des instants – temps cloîtré ouvert carapaçonné fenêtres dans le vide des yeux fermés entrebâillés agrippés – absence et solitude des pavés mouillés d’une fête morose qui s’est terminée, peut-être le noir l’a absorbée l’a enfermée, dans des cadenas par delà des clés rouillées immensément grandes et des portes qui ne tiennent plus – soudain l’ombre – soudain le geste le bruit de pas – la mer ou le silence – le silence ou le cri – l’attente ou l’angoisse – le sommeil ou l’insomnie – le signe de la lumière jaillit – le cœur entre deux chiffres nos visages pris dans la tourmente les deux chiffres gravés au blanc sur des fronts des regards des corps qui vont tourner dans la tourmente réglés comme des aimants. »

Abdelmajid R’chich & Mohamed Abderrahman Tazi, avec la collaboration d’Ahmed Bouanani

Maroc / 1968 / Documentaire / 18’ / VOSTF

 

En collaboration avec le Centre Cinématographique Marocain, la Cinémathèque marocaine et le Transnational Moroccan Cinema Project – University of Exeter (Royaume-Uni)

Intervenants : Marie Pierre-Bouthier (Université de Picardie Jules Verne), Touda Bouanani (artiste)

Crédit photo : Farida Benlyazid, Une porte sur le ciel, 1970 © Transnational Moroccan Cinema Project, University of Exeter - Centre Cinématographique Marocain - Dragon DI

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