Ali, un jeune mendiant, est abordé par un riche vieillard qui lui confie son héritage à la condition qu’il ouvre toutes les portes de son palais à l’exception de la septième. À la mort du vieil homme, Ali désobéit et s’aventure dans un monde parallèle où le temps passe différemment. Ancien assistant de Jean Renoir, André Zwobada se distingue des autres cinéastes coloniaux en défendant des idées progressistes et le désir de valoriser la culture maghrébine. S’installant au Maroc, il s’inspire des contes et des légendes populaires pour réaliser successivement La Septième porte (1947) et Noces de sable (1948).
« Le film fut tourné en deux versions. Dans la version française : Georges Marchal, Maria Casarès et Jean Servais ; dans la version arabe : Gabsi et Keltoum (mais oui, la même Keltoum qui interprètera la mère bouleversante du Vent des Aurès). Le film est une très belle parabole sur le temps. Il est curieux de constater que la version arabe n’eut pas plus de succès que la version française. Pour expliquer ce phénomène, il faudrait imaginer La Belle et la Bête de Cocteau situé en 1946 : le public français n’aurait pas marché. Il ne faut pas oublier qu’il sort à peine des horreurs de la guerre, qu’un besoin d’évasion, de rêve, est légitime. Idem pour le public marocain auquel encore une fois, en plus, on présente des personnages s’exprimant dans la langue d’Al Moutanabbi. Aurait-il adopté La Septième Porte dans son propre dialecte ? Absolument pas : car le film est au présent, et le présent du peuple marocain de 1947 est un temps que la misère noire ne laisse pas s’écouler très vite. » (Ahmed Bouanani, La Septième porte. Une histoire du cinéma au Maroc de 1907 à 1986, p. 40)
Avec Georges Marchal, María Casares, Aimé Clariond, Catherine Arley
précédé de
Mémoire 14
Dans Mémoire 14, Ahmed Bouanani parcourt, archives à l’appui, l’histoire de son pays du début du siècle jusqu’à l’indépendance. Fortement malmené par la censure, ce film devait, au départ, devenir son tout premier long métrage : malgré les coupes imposées par le Centre Cinématographique Marocain, Mémoire 14 restera selon lui et pendant longtemps « l’unique film de montage » de l’histoire du cinéma marocain, le seul documentaire de création entremêlant de tels matériaux hétérogènes.
« À l’origine, Mémoire 14 se voulait une somme ambitieuse de quarante quatre ans de Protectorat français au Maroc. Toutefois, il n’était pas question d’une restitution scolaire des événements de l’histoire contemporaine mais davantage d'une “traduction” cinématographique d’un long poème du même titre écrit en 1969. Il fallut pour cela visionner, pendant des mois, des actualités françaises, des documentaires de propagande, des bandes muettes et colorées selon un procédé de l’époque sur les villes de Rabat, Meknès, Salé, Fès et Kénitra ; il fallut aussi agrandir des photographies afin de recréer des cadrages adéquats, filmer en gros plans de vieux retraités qui avaient participé à la guerre du Rif, des vieilles femmes au visage marqué et bouleversant, des ruelles de Chaouen ressemblant à des décors de théâtre, etc. » (Ahmed Bouanani, La Septième porte. Une histoire du cinéma au Maroc de 1907 à 1986, p. 106)
Ahmed Bouanani / Maroc / 1971 / Documentaire expérimental / 25’ / VOSTF
En collaboration avec les Documents cinématographiques, le Centre Cinématographique Marocain et la Cinémathèque marocaine