Le Maroc,
pays invité
du FHA26
À l’occasion de sa quinzième édition, le Festival de l’histoire de l’art met pour la première fois à l’honneur un pays africain.
Le Maroc se distingue par la richesse et la diversité de son héritage culturel, nourri par des influences africaines, arabes, amazighes et juives, que la période coloniale a parfois contribué à dissocier de manière artificielle. Situé au carrefour du nord de l’Afrique et du sud de l’Europe, ouvert à la fois sur la Méditerranée et l’Atlantique, le pays occupe une position géographique qui en fait un espace d’échanges et de circulations. Le Festival se propose d’explorer l’histoire de l’art du Maroc de l’Antiquité à nos jours, en mettant en lumière aussi bien la richesse de son patrimoine que la vitalité de sa création contemporaine.
Un héritage artistique de l’Antiquité à nos jours
Les recherches archéologiques menées dans le nord du pays ont mis au jour des traces des présences phénicienne et romaine, notamment sur les sites de Volubilis ou de Lixus, encore étudiés aujourd’hui. Au Moyen Âge, les puissantes cités de Fès et de Marrakech participent au rayonnement d’une culture arabo-andalouse qui marque durablement la péninsule Ibérique. Cet héritage se manifeste encore dans l’architecture, les arts décoratifs et les pratiques calligraphiques. À partir du XIXᵉ siècle, les circulations artistiques se poursuivent sous d’autres formes : les imaginaires orientalistes attirent de nombreux peintres européens, tandis que la lumière du pays séduit, au siècle suivant, les artistes modernes. Dans le même temps, le contexte des protectorats français et espagnols favorise le développement de pratiques photographiques liées au cadre colonial. Après l’indépendance en 1956, une modernité artistique proprement marocaine émerge, notamment avec l’École de Casablanca, qui remet en question les hiérarchies occidentales entre arts majeurs et mineurs et puise dans les savoir-faire artisanaux des ressources formelles et conceptuelles nouvelles.
L’artisanat marocain : entre tradition et création contemporaine
L’artisanat occupe en effet une place centrale dans le patrimoine culturel marocain : travail du cuir à Fès, bois à Essaouira, céramique à Safi témoignent d’une grande diversité de techniques et de traditions. Aujourd’hui encore, ces savoir-faire nourrissent la création contemporaine. Certains architectes, tels que Salima Naji, se tournent vers les modes de construction traditionnels en terre crue du Haut Atlas pour répondre aux enjeux actuels, notamment climatiques et environnementaux.
Une scène artistique marocaine en pleine reconnaissance internationale
Cette reconnaissance s’inscrit également dans un contexte de visibilité accrue de la scène artistique marocaine sur la scène internationale. Pour la première fois, le Maroc disposera en 2026 d’un pavillon national à la Biennale de Venise, confié à l’artiste Amina Agueznay, dont le travail accorde une place essentielle aux techniques artisanales. À travers ces initiatives, le Maroc affirme de manière croissante son ancrage africain et son engagement en faveur de la création contemporaine, tant nationale que continentale.