La mode, thème du FHA26

Les parures traditionnelles, au premier rang desquelles le caftan, vêtement d’apparat emblématique, figurent parmi les images les plus immédiatement associées au Maroc. Ces formes vestimentaires ont nourri l’imaginaire et la création de nombreux couturiers du XXᵉ siècle, invitant aujourd’hui à interroger de manière critique les phénomènes d’appropriation culturelle.

Le choix du thème de la mode pour l’édition 2026 offrira ainsi l’occasion d’approfondir ces questionnements et d’enrichir les débats qu’ils suscitent.

La mode comme champ de recherche en plein essor

Longtemps étudiée principalement dans le monde anglo-saxon, la mode s’est imposée en France, depuis une dizaine d’années, comme un véritable champ de recherche. Les établissements d’enseignement supérieur ont contribué à cette reconnaissance en créant des chaires dédiées et en formant une nouvelle génération de chercheurs. Parallèlement, l’intérêt croissant du public, perceptible à travers le succès des expositions consacrées au sujet, témoigne de son inscription durable dans le paysage culturel.

Dépasser les préjugés : entre luxe, industrie et regard critique

Associée à l’industrie du luxe, la mode demeure toutefois l’objet de représentations ambivalentes : tantôt perçue comme l’expression d’un capitalisme exacerbé, tantôt réduite à une pratique superficielle, elle est encore trop souvent dépréciée. Le Festival entend précisément contribuer à dépasser ces préjugés, en mettant en lumière la richesse et la diversité des approches qui structurent aujourd’hui les études de mode.

Une pratique sociale au cœur des identités et des sociétés

Loin de concerner uniquement une élite, la mode relève d’une pratique quotidienne, au cœur des dynamiques sociales. Les choix vestimentaires participent à la construction de l’identité individuelle autant qu’à l’expression des appartenances collectives. Ancrée dans les usages les plus ordinaires, cette forme de créativité traverse les époques et les espaces : le vêtement constitue, depuis l’Antiquité, un puissant marqueur social dans l’ensemble des sociétés. Écrire une histoire de la mode et du vêtement revient ainsi à envisager une histoire de l’art globalisée, attentive aux circulations des matières, des formes et des savoir-faire, ainsi qu’aux échanges entre les différentes aires culturelles.

Une approche interdisciplinaire de la mode en histoire de l’art

Par nature interdisciplinaire, l’étude de la mode mobilise les apports de l’histoire, de la sociologie, de l’anthropologie ou encore de l’archéologie. En histoire de l’art, elle se déploie à travers une pluralité d’approches : analyse des matériaux, des techniques de fabrication et des objets, mais aussi prise en compte de leurs contextes sociaux et culturels. Objet profondément idéologique, la mode génère également des discours, des controverses et des prises de position qui participent de sa compréhension. Elle est enfin indissociable des images qui la diffusent et la construisent — photographie, cinéma, dessin ou presse illustrée — qui en façonnent les représentations et les usages.

La mode, un objet complexe au cœur du programme du Festival

Le programme du Festival reflétera cette diversité d’approches. Pratique sociale, phénomène esthétique et vecteur de discours, la mode, loin de se réduire à une simple succession de tendances, apparaît comme un objet complexe, profondément inscrit dans les dynamiques culturelles, économiques et politiques des sociétés.